Marcelle Loubschansky

Marcelle Loubchansky (1917-1988) est une artiste purement inspirée, saluée de son vivant par la critique et faisant l'objet d'une reconnaissance unanime, elle se pose en figure majeure de l'abstraction lyrique et incarne l'image de l'artiste visionnaire. Elle n’a cessé de déployer son univers d’abstraction libre dans cheminement extrêmement personnel. Sa spontanéité rejoint l'écriture automatique des surréalistes et André Breton, admiratif, écrit sur elle en 1956 : « Nul n'a su comme elle libérer et rendre tout essor à ces formes issues du sein de la terre ». Des mouvances « tachiste », « nuagiste » à « l'Abstraction lyrique » elle fraye sa voie, explorant les projections de peinture dans un joyeux Rorschach, avec la fluidité magique de la couleur diluée à l'essence. ». Cette peinture sans pinceau (ou presque) est, sur la toile, le carton ou le papier, une matière fluide, diluée, qui s'épand, se diffuse, crée des réseaux, des effets de profondeur. La tache colorée se fait mémoire du geste. Parfois des collages de papier de soie, tels des pétales en lévitation sur la toile, rivalisent avec les transparences de l'huile. Avec les "Prospectives stellaires" de la fin des années 60, elle devient le médium d'un espace sidéral, de galaxies aux nébuleuses fantomatiques et fascinantes. Née à Paris, Marcelle Loubchansky, d'origine biélorusse et juive, expose pour la première fois en 1948 à la Galerie Breteau. En 1952, elle rencontre Charles Estienne qui contribue à rapprocher une certaine abstraction libre du surréalisme. En 1953, il l'invite à exposer dans la galerie surréaliste «A L'Etoile scellée» dont André Breton est le directeur artistique. Charles Estienne continue à associer Marcelle Loubchansky aux expositions qu'il organise: «Peintres de la Nouvelle École de Paris», «Rose d'insulte», «Salon d'octobre» (à propos duquel il écrit dans Combat un manifeste: «Une révolution: le tachisme»). André Breton lui aussi l'associe aux expositions dont il est le commissaire. 1956, une autre rencontre capitale est celle du galeriste Jean Fournier qui l’expose avec des peintres tels que Sam Francis, Simon Hantaï ou Jean-Paul Riopelle. Marcelle Loubchansky intègre le groupe jusqu'en 1965 et fait la une du Harper's Bazar lors de l'article consacré à la Galerie Kléber. Cette période de grande notoriété culmine avec une rétrospective à la Galerie Jean Fournier, avec une préface de Geneviève Bonnefoi. La brouille survenue avec Jean Fournier mettra un terme à sa notoriété. Elle n'aura pourtant de cesse de continuer ses recherches. A la fin des années 1960, et au cours des années 1970, Marcelle Loubchansky oriente son art vers ce qu'elle nomme les « Prospectives stellaires » qu’il lui faut conquérir jusqu’à l’éblouissement. Ce qui fait de Marcelle Loubchansky une héritière du Surréalisme, entre autres, c'est l'automatisme du geste et des procédés picturaux: la peinture déversée, projetée, crée une matière alchimique qui prolonge et renouvelle les décalcomanies d'Oscar Dominguez et de Max Ernst. Elle reconnaît elle-même sa dette: «Je pense que le Surréalisme est l'un des courants fondamentaux de notre temps. L'abstraction, cependant, est à mon avis un passage nécessaire, comme la synthèse du surréalisme et du classicisme, du contenu et de la forme ». Marcelle Loubchansky meurt en juin 1988.

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